Article de Jean-Christophe Bailly

L'observance
Entretien avec Jean-Marc Cerino, Camille Fallen, Philippe Roux

 

/ télécharger l'article au format pdf /

 

Plus de détails

3,00 € TTC

DE26-A05



Jean-Marc Cerino : En 1993, ton livre Adieu, Essai sur la mort des dieux vient juste après La Comparution et se situe dans une certaine continuité ou, du moins, dans un certain mouvement ouvert par ce livre majeur et clairvoyant écrit avec Jean-Luc Nancy. Nous reviendrons lors de cet entretien sur ces liens entre existence, politique et croyance. Mais dans un premier temps, ma question va porter sur ce que nous pourrions appeler « foi sans dieu(x) ». Cette foi serait l’un des noms possibles pour cet élan, ce souffle, cette attention et finalement cette confiance au-delà de tout savoir que l’être ressent intimement lorsqu’il est en accord avec son existence et celle de tout ce qui existe – arbres, animaux, vent, soleil, humains, etc. Elle serait ce qui advient et se manifeste comme une petite musique un peu lointaine, une pulsation à peine perceptible mais toujours présente. Quel pourrait alors être le nom de cette « musique », de cette perception intime de l’existence : l’ouvert ? la permanence ? ou l’appellerais-tu encore autrement ? Et en quoi le choix de telle ou telle dénomination teinte-t-il selon toi ce que l’on tente de circonscrire ici ?

 

Jean-Christophe Bailly : Le mot « foi », je crois que je ne l’utilise jamais et c’est volontaire. J’emploie parfois le mot « ferveur », parce que pour moi la foi et la ferveur sont très différentes : la ferveur n’implique pas [...]